Le coup de coeur de Franck Philippon pour Greenblatt's Deli & Fine Wines


Franck Philippon à la recherche de la part des anges, dans leur cité, chez Greenblatt's Deli & Fine Wines

 

Franck Philippon

Sa dernière série :

Mirage (France 2)




 

Le "nez" de Onzième Sens


Ce surfer "BG" (avouent certaines, c'est pénible...) levé toujours tôt pour trouver la première vague sur Malibu, Santa Monica ou à la Salie Nord (sud des passes du Bassin d'Arcachon), est désormais l'un des scénaristes français de séries les plus convoités. On lui doit les écritures et co-écritures de "No Limit" (TF1), celle de la seconde saison de "Maison Close" (Canal+), d' "Où es-tu" (M6), et très récemment de "Mirage" (France 2). Dans quelques mois, Franck revient avec "Renaissances" pour TF1. Ce normalien, itinérant entre le Bassin d'Arcachon et la Californie, a indéniablement goût pour les copains, les soirées autour d'une bouteille. Cet hiver, il est venu découvrir un ou deux vins du Luberon (Un Val Joanis, cuvée "Les Griottes", ou bien était-ce "L'Orée des Champs", le petit bijou bio de la cave de Coustellet ?... On ne sait plus trop...), mais la séance a été écourtée par le couvre-feu (de 19h !!!)... Lorsqu'il travaille à Hollywood avec son partenaire-associé, le producteur Emmanuel Paintendre, ils retrouvent tous les deux des chemins de plaisir chez Greenblatt's Deli & Fine Wines sur Sunset Boulevard, où l'on déniche - c'est l'essentiel - les cuvées de Jean-Luc Colombo...



Mon coup de coeur pour Greenblatt's Deli & Fine Wines, par Franck Philippon


Je suis tombé amoureux de Los Angeles dès notre première rencontre. Love at first sight, comme ils disent. Question de climat sans doute : ce ciel bleu omniprésent, avec sa lumière unique qui donne envie de conquérir le monde. Défi professionnel aussi : Hollywood est la Mecque des séries et c’est justement mon métier que d’en créer. Mais surtout — et c’est peut-être là le plus surprenant —, charme irrésistible de l’art de vivre californien. Si la ville n’est pas à proprement parler belle, elle est très agréable à vivre. On y cultive en particulier le goût de la bonne chair : on mange bien à L.A., que ce soit dans les nombreux délicieux restaurants — la présence d’une forte communauté française n’y est peut-être pas totalement étrangère — ou grâce aux produits locaux organic (bio) des farmer’s markets dominicaux, comme ceux, très chics, de Melrose Place ou de Selma Avenue à Hollywood.


Cela ne surprendra donc personne : on trouve aussi d’excellentes caves à vin…


Mon amour pour Los Angeles se trouve inextricablement mêlé à mon amitié immédiate pour un couple franco-américain de scénariste et producteur. Grâce à leur villa de West Hollywood — petit paradis de calme et de verdure à l’entrée de Laurel Canyon — et leur charmante pool house au bord de la piscine, j’ai passé en Californie des séjours magiques, au gré de nos différents projets de série et désormais de notre société de production commune.


« L'amitié comme la créativité se célèbrent... ».

Qui dit ami français et création de séries, dit immanquablement : besoin de bonnes bouteilles de vins — l’amitié comme la créativité se célèbrent. Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque mon ami Emmanuel m’emmena pour la première fois — à pieds, luxe suprême à L.A. — dans ce lieu culte du quartier de West Hollywood : le Greenblatt’s Deli.




Situé sur Sunset Bd, au tout début du Sunset Strip — cette partie animée du mythique boulevard, remplie de bars, hôtels, restaurants et autres salles de concert —, Greenblatt jouxte la Laugh Factory, scène réputée pour les artistes de stand up, et se niche dans un bâtiment de briques rouges, qui pourrait être joli sans cette horrible enseigne censée attirer le chaland. Fondé en 1926 par Herman Greenblatt, il est le plus vieux delicatessen de Los Angeles et, à ce titre, une institution.





À peine l’entrée franchie, on se retrouve dans un dinner sans prétention, avec ses box alignés, ses serveurs affables et sa clientèle un peu âgée. Au fond à gauche, un étal où s’alignent sandwichs, salades, soupes ou cakes. Greenblatt, c’est ce deli populaire où l’on se régale de sandwichs au pastrami, de corned beef, de macaroni salad, de matzoball soup. C’est bon, et pas cher.

















Au bout à droite, la vraie surprise du lieu : sa cave. Aux antipodes des caves chics et branchées de Melrose, où la référence à la France est de mise, ici on cultive la modestie. Mais la déco sans prétention cache de nombreux trésors, grâce à un excellent choix de bouteilles. Des vins californiens bien sûr — il y en a de bons, mais je ne suis pas un connaisseur —, mais aussi des vins italiens et surtout français : les incontournables Bordeaux — ils ne le sont plus tant que ça pour moi, je l’avoue, bien que résident du Sud-Ouest — mais aussi un très joli choix de Bourgogne et de Côte du Rhône. Coups de coeur récurrents pour les Crozes-Hermitage, les Saint-Joseph, les Châteauneuf-du-Pape, les Vacqueyras, etc, souvent représentés par de belles maisons, à commencer par les fiables Guigal, Chapoutier, Perrin ou Jaboulet. Notre bouteille fétiche : le Crozes-hermitage "Les Fées Brunes" de Jean-Luc Colombo, un des meilleurs rapports qualité / prix de Greenblatt à mon goût. Et une découverte : le Rasteau, vin que je connaissais très mal, avec l’excellent Domaine Richaud.


Par-delà tout chauvinisme, il y a toujours ce moment d’émotion à retrouver, à l’étranger, ses vins favoris, avec d’aussi belles maisons (à des prix certes plus élevés mais raisonnables). Comme une madeleine de Proust — fourrée au nectar… Et que de fois, avec Emmanuel, nous sommes-nous réjouis d’aller faire le plein à la hâte chez Greenblatt, à quelques minutes d’un dîner, histoire de nous régaler de nos vins favoris. Avec, cerise sur la gâteau, quelques bonnes bouteilles de whisky à déguster, en digestif, au bord de la piscine, après le dîner…


Le whisky n’est certes pas la spécialité de Greenblatt, mais, outre les inévitables bourbons ou Tennessee whiskey — je confesse mon affection pour certains de ces tord-boyaux locaux —, la cave offre d’incontournables single malt écossais (Laphroaig, Lagavulin, Ardbeg, etc) et quelques, hélas trop rares, classiques japonais — il y a toujours un Nikka From The Barrel ou un Coffey Grain qui traîne sur l’étagère…


Depuis une dizaine d’années que je séjourne régulièrement à Los Angeles — au point d’y vivre désormais une partie de l’année — Greenblatt est devenu, de fait, l’une de mes caves attitrées. Et, à déambuler dans ses rayons lorsque le jour tombe, si vite là-bas, je me suis souvent dit que le vin français a le don de révéler l’étendue de ses charmes lorsqu’il est consommé loin de ses terres. À l’image de notre pays, unique par son art de vivre et sa propension à l’auto-dénigrement, dont on ne mesure jamais autant les attraits et les mérites que depuis un autre continent…


Franck Philippon


 

Acheter du vin... chez


Greenblatt’s Deli & Fine Wines

8017 Sunset Bd, West Hollywood • 323 656 0606 • Ouvert jusqu’à 2h du matin.


Franck et Emmanuel y boivent (plus que régulièrement) :



Cuvée "Les Fées Brunes" 2016 • Crozes-hermitage rouge

Domaine Jean-Luc Colombo

10-12 rue des Violettes 07130 Cornas • 0475841710


Granit et velours, cerise et cassis, puissance et tentation de la syrah, entre autres splendeurs dispensées par Jean-Luc Colombo...







Rasteau 2016

Domaine Marcel Richaud

470 route de Vaison-la-Romaine • 84290 Cairanne • 0490308525


Plein soleil sur des épices et des fruits noirs, élégance de notes de cacao, un grand classique du domaine Richaud, produit au coeur d'un vignoble-océan...