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Françoise Colley célébrée à Livres en Vignes par le prix Méo-Camuzet


Photo : © Gilles Coulon


Françoise Colley, pour son premier roman "Vivantes" a reçu le prix Méo-Camuzet à l'occasion du salon "Livres en vignes" au château de Clos Vougeot. Retour sur un week-end de festivités et d'esprit en Bourgogne



Françoise Colley

Premier roman : Vivantes

(Mialet Barrault Éditeurs)



Photo : © Gilles Coulon





Le nez de Onzième Sens


Françoise Colley s'avance vers le pupitre. Émue, mais concentrée. Une vraie foule de passionnés occupe le cellier du château de Clos Vougeot pour la cérémonie d'ouverture de Livres en Vignes, le salon plaisir de la rentrée de septembre, organisé au millimètre et si chaleureusement par Évelyne Philippe, et animé avec passion par Bernard Lecomte. Le vendredi en fin de journée, avant le traditionnel dîner dans les caves de la maison Albert Bichot à Beaune, c'est le moment de la remise des prix, dont le Prix du premier roman Méo-Camuzet. À l'occasion des mots de remerciements, Françoise Colley revient dans son discours improvisé sur son expérience de cinq années dans le monde du vin, témoignant avec ferveur pour la filière viticole, l'oenotourisme, et la région du Biterrois.


Françoise au pupitre supportée par Jean-Nicolas Méo, Évelyne Philippe et Jean-Robert Pitte


Un discours qui ressemble au premier roman de Françoise, "Vivantes", empreint de tendresse et de reconnaissance. Un roman-récit, qui accompagne le destin d'une famille de dix enfants, tenue à bout de bras d'une mère mille-courages, en Lorraine, entre plusieurs mondes et cultures. L'histoire d'itinéraires finalement linéaires malgré les précarités, et les incertitudes. Les déterminismes méritent d'être contrariés, et rien n'est jamais écrit. Aussi, le chemin de Françoise passera plus tard par le Languedoc, où elle s'engagera à promouvoir l'oenotourisme, pour là aussi bousculer le destin des femmes et des hommes du vin, sur un terroir en totale mutation, quand la terre hier dédiée à des vins de consommation courante, devient espace d'excellence, et d'innovation.


Vendanges dans le Biterrois au Domaine Florence Alquier - Faugères © Matthieu Prier


Les discours se terminent sous l'oeil vif d'Irène Frain, présidente de l'édition 2022. Il est l'heure d'aller dîner dans la cave d'Albert Bichot à Beaune, où l'on profitera de trois crus remarquables. Françoise sera à sa place, à la table d'honneur auprès de Jean-Robert Pitte, président (perpétuel !) de Livres en Vignes, avant deux journées de signatures, d'honorer le lendemain le dîner du Chapitre et enfin de se livrer à une interview pour Onzième Sens.






Les émerveillements de Françoise Colley...


"Vivantes" est ton premier roman. Quelles sont les attentes autour d'une première publication ?

Ce premier roman, je l'écris depuis longtemps, on s'est tourné autour. Il a fallu le temps de s'apprivoiser, de s'autoriser. Pour pouvoir dire seulement ce que je voulais dire, comme je voulais le dire, de me souvenir, de taire, de travestir, de romancer, de m'amuser et surtout ne pas gémir. Je voulais transmettre, laisser la trace de ces femmes, raconter cette histoire, raconter la famille, les racines, la difficulté d'être soi, les ruptures nécessaires, la brutalité sociale et l'amour aussi. Je voulais que ce soit violent et doux à la fois et pas être dans la morale, le jugement, le procès. J'espère que j'y suis parvenue.

Pour "Vivantes", tu as été récompensée du Prix du Premier Roman Méo-Camuzet, au salon Livres en Vignes, au Clos Vougeot. Ce week-end était aussi, peut-être, celui de découvertes ?


Plutôt des retrouvailles. J'ai travaillé dans l'œnotourisme plus de 5 ans, je gérais des domaines viticoles réhabilités et transformés en hôtellerie de luxe. Le Prix Méo-Camuzet m’a fait extrêmement plaisir, c’est comme un joli clin d’œil, un trait d’union je fais le lien entre l’écriture et l’investissement professionnel que j’ai eu dans le monde de la viticulture.



Tu as travaillé dans le Biterrois, à Saint-Chinian, et à Faugères, notamment, pendant cinq années sur des projets d'oenotourisme. Quel est ton regard sur l'essor de cette activité ? Mode passagère ou bien développement pérenne pour la filière viticole ?


Je ne pense pas que l’oenotourisme soit une mode passagère, surtout pas en France. Nous avons les vignobles les plus prestigieux au monde, un savoir-faire incontesté, un patrimoine hyper-riche. L’oenotourisme s’inscrit parfaitement dans le tourisme vert, la recherche d’authenticité, le besoin de retrouver nos fondamentaux. J’ai adoré travailler dans ce secteur et je pense qu’il a de beaux jours devant lui.

Quel regard portes-tu sur les femmes et les hommes du vin ?


J’ai eu la chance d’en rencontrer beaucoup puisqu’à deux reprises j’ai organisé les rencontres AOC Languedoc Roussilon et j’ai également organisé de nombreuses dégustations dans les domaines. J’ai beaucoup appris auprès d’eux. Ce qui m’a émerveillé, c’est leur diversité. Il y a les pragmatiques, les chercheurs, les poètes, les novateurs, ceux qui redonnent vie aux cépages oubliés. Ils ont tous la même passion, la même abnégation. Ce sont des travailleurs forcenés, des sages un peu fous. J'ai énormément de souvenirs de dégustations, des souvenirs gustatifs mais pas uniquement, ce sont des conteurs et des conteuses extraordinaires qui font appel à tous nos sens. Ils ont leurs odeurs, leurs touchés, leur langue, leur vocabulaire, leur musique. Qui parle du soleil, de la terre, de tous les éléments, qui raconte la ténacité des racines des ceps qui creusent les sols les plus arides, les plus rocailleux, leurs forces et leur fragilité.

Un coup de coeur pour un vin en particulier, récemment ?


J'ai eu la chance d'être invitée au dîner du chapître au Clos Vougeot organisé lors du salon livres en vignes, j'ai photographié le menu qui détaille tous les vins qu'on a pu déguster. C'était magique...



... Évidemment j'aime beaucoup les vins de chez moi, mais je dois avouer ma faiblesse pour les vins de Bourgogne. Un souvenir précieux, c’est avec mon ami Pierre Vassiliu qui avait une passion pour le Romanée-Conti et qui me l’a fait découvrir un soir dans la maison qu’il avait au bord de l’Etang de Thau. Un souvenir inoubliable. Je pense qu’il serait très fier de savoir que mon premier roman a été récompensé par un domaine aussi prestigieux que celui de Jean-Nicolas Méo.


Propos recueillis par Vincent Crouzet



À moins de deux kilomètres du Clos Vougeot, le climat de la Romanée-Conti


 


Livres en Vignes, c'est plus de 120 auteurs réunis dans le cadre prestigieux du château du Clos Vougeot : l'évènement littéraire en Bourgogne. Un salon du livre, c'est d'abord un esprit, celui insufflé par Évelyne Philippe, chef d'orchestre, Bernard Lecomte, animateur hors-pair, et Jean-Robert Pitte, le président à vie du festival. Personne ne saurait mieux représenter "Livres en Vignes" que Jean-Robert, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques et président de l'Académie du vin, encyclopédie vivante (!!!) des climats et des grands crus... Le dîner de gala du salon se tient le samedi dans la salle du Chapitre dans l'écrin de Clos Vougeot (tenue de soirée recommandée), épicentre des chevaliers du Tastevin, et le vendredi soir mention spéciale à la chaleur de l'accueil de la maison Albert Bichot à Beaune, dans un grand moment de convivialité et de plaisir.


Boris Pétric présente Château Pékin, son exceptionnel document sur la Chine et le vin, sous le regard bienveillant du Président Pitte. Quand les auteurs s'éloignent (en dégustation ?), les chevaliers du Tastevin reprennent pleinement possession des salles nobles du château. Jérôme Attal et Joffrine Donnadieu divaguent entre Vosne-Romanée et Clos Vougeot. Bernard Lecomte, duc de Bourgogne. Stéphane Carlier reçoit le Prix Albert Bichot



Dans la cave d'Albert Bichot


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